LE PIANO FANTOME

« Il est parfois des mystères insondables touchant à l’invisible, au sublime, des récits qui font rêver les mômes. Laissez-moi donc vous vous compter l’histoire la plus fantastique que je connaisse, celle du piano fantôme !

La peintre l’a d’ailleurs retrouvé ce matin de mai sur le rivage : une apparition inouïe, lui qui s’était fait la malle il y a plus plus de mille ans.

Oui, je suis le seul à connaître son histoire, contée par mes pères, tenant cela de leurs mères : il vogue à travers les éléments, c’est un bateau et son nom est le « vibrant ».

La guerre fut sa mission première, une vedette rapide parcourant les flots, le bougre ne tira pas un seul coup de canon !

Il devint rapidement une légende et gonflé d’orgueil, prit en main son destin au service du royaume. Il fut promu au grade honorifique de galion.

Imaginez la scène : des officiers affalés à la table d’harmonie, du rhum, des trésors en cale et fonçant toutes voiles sorties vers l’horizon.

Quelle folie, quel destin pour ce vaisseau fantastique qui après des combats féroces fut cette fois là, la proie des pirates.

Le capitaine croche était violent. De mémoire de marin, il faisait hurler les marteaux, tirait sur les cordes avec rage et folie. Le malheureux : de son clavier sortait le feu.

Cela me fit de la peine quand mon père aborda ce triste épisode, un tel bâtiment méritait sans doute mieux, j’ai alors fermé les yeux.

Et quelle vision ! Argo le rapide, Ulysse, un détroit de Sicile, un mensonge, un récit merveilleux. Les sirènes n’enchantèrent jamais le marin, non, point de mat, point de drame, ni ensorcèlement, tout cela n’était que mythe.

Le célèbre aventurier grec était allongé sur le sable ce soir-là, quatre belles créatures couvertes d’écailles étaient installées paisiblement à ses côtés, ils étaient heureux comme au paradis.

Vous ne le croiriez pas, mais ils pleuraient de joie, suspendus hors du temps et émus tant de beauté et de fantaisie.

Le fameux piano avait jeté l’ancre et s’était mis à chanter avec force, il n’était que plus vibration et jouait à lui tout seul une symphonie. Son nom est « le vibrant », l’art l’a enfin retrouvé, depuis tout ce temps ».

 

Crédits : texte écrit par Sébastien BURET selon l’oeuvre originale de May RUIZ

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DEBORAH

L’art se joue partout, il nous étreint sans prévenir, c’est sa nature. Et si dieu était le chorégraphe de cette scène, je crierais au génie, je lui dirais merci aussi. Qui a un jour pensé à applaudir le créateur pour l’ensemble de son œuvre ? En tous cas, ce soir -là, le spectacle fut prodigieux car d’une poésie la plus absolue, gorgée de symboles. Avez-vous lu Haruki Murakami ? Il disait que la symbolique était indissociable de la poésie, comme le rhum l’est des pirates. C’était dans « Kafka sur le rivage » et moi, au bord d’un lac bordé de montagnes. Quant au rhum, il m’en fut offert un à l’entracte de la pièce que je vais vous conter ici, un rhum de pirates, je le sais, c’est moi qui l’ai volé !

Imaginez et fermez les yeux, vous êtes confortablement assis. Une belle étendue d’eau turquoise et son rivage sont le décor et deux cygnes poursuivent leur chemin en toile de fond. L’éclairage est chiche : un simple lampion se balance sur un fil au gré du vent. Un canari jaune voltige  dans sa cage. Sa porte est ouverte et pourtant, il reste immobile, il observe plutôt que de s ‘envoler.

Un chat arrive sur scène en habit de Monsieur Loyal : un simple chat, pas siamois ni de gouttière. Des musiciens arrivent et se mettent en place. Un jeune garçon distribue des programmes : Ravel, Berlioz et Stravinski seront joués.

Au son de la musique, une seule danseuse apparut soudain. Elle était belle et pleine de grâce. Son art était divin, surnaturel. Un homme dans la salle chuchota à l’oreille de son épouse : « le fruit d’années de labeur, un acte de foi ».

Il disait vrai sans nul doute. Mais moi, je ne voyais pas cela, je ne voyais rien d’autre que l’art et sa magie. Je fermais les yeux à mon tour et imaginais que chaque mouvement était un mot et qu’ils formaient bout à bout des phrases puis des lettres entières. Elle était si douée, si passionnée et joueuse que cela prit forme.  Oui, des cartes postales volaient dans le ciel et le canari en fut si amusé qu’il en portait dans son bec pour les propulser toujours plus loin. C’est curieux, mais pour ma part, je savais ce qu’elles racontaient sans même lire. Le tout était d’une beauté sauvage, pleine de verve et de panache. Les histoires racontées me faisaient rire et réveillait ma propre verve même si je ne sais pas danser. J’appris que la danseuse portait un nom : Deborah. Elle était loyale à son art et simplement éclairée cette nuit -à par un lampion. Le peu de lumière qu’il émettait lui suffisait pourtant et par miracle.

L’art ne prévient pas je vous le redis et il me terrassa lors du rappel comme un dernier tango. Une larme coula ainsi comme la dernière goutte de rhum au fond de ma gorge. J’avais besoin d’air et d’eau fraîche tant est si bien que je dus sortir pour m’abreuver auprès d’une fontaine.

Sur un mat devant moi, se dressait une affiche en grand format, elle était pleine de couleur et de vie.  Elle portait son nom, Deborah et l’illustration racontait l’histoire :  une magnifique danseuse y dansait et des lettres volaient au-dessus d’elle dans un ballet aérien. Je vous l’ai dit dès le départ, l’art se joue partout, même sur une affiche, près d’une fontaine.

 

Crédits : texte écrit par Sébastien BURET

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Ego et esprit : un match de boxe intérieur

Ne sentez-vous pas un combat intérieur se jouer en vous ou être l’objet de dilemmes et cela de façon récurrente? Ce sont même de vraies scènes de guerre qui se trament et ce entre votre égo et votre coté pur, votre intuition, ce que vous avez de plus beau en vous.

Un article publié dans Philosophie Magazine et relatif à l’acrasie (mot dérivé du grec acrasia signifiant faiblesse de la volonté) et que j’ai pu lire était instructif à cet égard. Il mettait en lumière des scènes de la vie courante opposant la volonté et les subterfuges mis en œuvre par notre esprit égotique et souvent contradictoires hélas. Cela nous pousse en conséquence à agir souvent en dépit du bon sens, de manière irrationnelle.

Un exemple me vient à l’esprit : « il fait beau, chaud, et j’ai envie d’une glace. La notion de se faire plaisir vient se faire contrer par l’idée qu’avec elle, le régime est mis en danger. Et c’est là que des armées de réserve de l’égo se mettent en marche et nous incitent à la consommer immédiatement en nous glissant à l’oreille interne « tu prendras en échange de la soupe ce soir». Vous croisez un mendiant dans la rue et votre cœur vous fait ressentir immédiatement de la compassion mais votre égo veille: il vous reconnecte à votre mental influençable, aux pensées fallacieuses du genre « je donnerai la prochaine fois, le gouvernement ferait mieux de les aider, c’est de la mise en scène». Qu’importe la réalité des choses, le sentiment de gêne s’installe de cette confrontation spirituelle. Ce sentiment de pilotage automatique est désagréable et amer.

N’était-ce pas le Bouddha lui-même, Siddhartha Gautama qui méditant sous un arbre en Inde avant d’atteindre l’illumination fut la proie de l’égo et des serpents, les lassos de Mara afin de le déconcentrer et le faire renoncer ?

Le réel but de cet article est de mettre en lumière cette dualité centrale.

Les hommes sont tous pur par essence de part la goutte intérieure positionnée au niveau du chakra du cœur. Cette croyance bouddhiste veut qu’elle s’ouvre deux fois dans une vie : à la naissance et à la mort. Cette pureté conceptuelle se voit hélas contaminer par les négativités apportées par ce traitre, ce manipulateur, toujours le même : l’égo !

Il apporte son lot de perturbations : la colère, la jalousie, l’attachement la peur, la haine issues souvent de l’ignorance et la mauvaise connaissance des phénomènes. Elles ont pour conséquence de nous faire souffrir. Le diagramme de la roue de la vie en est une magnifique représentation, la plus belle qui soit certainement.

Un être illuminé au fond est celui qui a terrassé tout cela et atteint la reconnexion éternelle à son cœur et son esprit pur. Il ne pourra plus jamais souffrir, fini le match de boxe intérieur.

Cet article vous parle t-il? Expérimentez-vous cela dans vos vies? J’en suis certain et des circonstances atténuantes existent : la diminution de l’espace naturel dans nos vies et la nature si propre à nous apaiser comme l’apparition des réseaux sociaux si taillés sur mesure pour l’ennemi ne rendent pas la tâche facile. Je soupçonnerais même une intelligence supérieure à l’origine du processus : des égos nourris et engraissés prompt à rester dans le moule, dociles et disons-le plus idiots chaque jour. Un article pourrait –être écrit sur le sujet un jour prochain.

Alors que faire ? Méditer comme on nous invite à le faire chaque jour à la télévision ou dans les magazines? Faire du yoga, du tai-chi? Tout cela est bien à condition d’opérer un travail sur la durée et d’initier en profondeur la transformation intérieure. Saviez-vous que méditer signifie se familiariser avec la vertu et la vertu étant ce qui ne fait pas de mal aux autres ? C’est cette analyse que je retiens en sachant que de multiples interprétations existent aussi valables les unes que les autres.

Cette idée de vertu est belle : ne pas faire de mal aux autres tout simplement.

Pour se familiariser, il faut travailler, retrouver sa vraie nature, se pardonner, rejoindre l’enfant intérieur. Cela ne sera pas facile car l’ennemi rôdera toujours et sans relâche.

Alors que faire ? La prise de conscience de ce phénomène est une étape. Ni maître spirituel ni spécialiste, j’écris ces lignes en conscience afin d’imaginer et de restituer des pistes de travail. Cela fera partie de prochaines contributions. Pour conclure, je citerais Don Quichotte et cette merveilleuse citation « la vie, on te la donne ensuite c’est à toi de faire ce qu’elle vaut ». Oui, c’est un message d’espoir mais surtout une vérité : la vie est précieuse.

 

Spiritualité : avertissement préalable au lecteur

Avant toute chose, je me dois de préciser que je ne suis ni philosophe ni maître spirituel ou encore érudit. Les propos qui suivront tout au long de mes articles ne sont le fruit que d’un cheminement personnel, un parcours marqué il est vrai par des enseignements bouddhistes que j’ai pu suivre avec enthousiasme, une curiosité et un intérêt marqué pour ces sujets, rien de plus. Un des accords toltèques indique notamment de   « faire toujours de notre mieux » comme de ne « jamais faire de suppositions » . Je ferai donc toujours de mon mieux au sujet de ces articles sans prétention aucune sinon interpeller et apporter je l’espère au lecteur, donner envie d’aller plus loin. Article à venir : qu’est-ce que la méditation?