Harmonie

L’harmonie naît entre ceux qui ont les mêmes notes à l’intérieur

L’amour, quant à lui, se joue avec la partition, la juxtaposition des clés, du mode majeur et mineur

Le do: le dominion au centre du jeu, le créateur, le cœur de l’univers et du clavier

Et si ?  Ta beauté me sidère comme les étoiles du ciel dans le cosmos ici et là déposées

La, je ne serai jamais las de toi, « voie lactée ô sœur lumineuse. Des blancs ruisseaux de Chanaan. Et des corps blancs des amoureuses », voilà le chant d’Apollinaire, quelle voix !

Le sol ? Un système dominé par le soleil et la lumière, tel le tournesol je me tourne vers toi, l’héliotropisme et l’amour n’ont toujours formé qu’un, toi et moi

Fatâ, c’est le mouvement des planètes qui créée la vie et forge le destin, la divine fatalité

Mi, nous voilà dans l’intimité du microcosme, la planète à l’échelle de la galaxie, le lit, la couche que nous partageons, un sentiment de paix, d’unité

Ré, quelle belle nuit encore, la lune régente des secrets nous éclaire encore une fois, regarde par la fenêtre, tout est si beau !  Je le répèterai toujours et encore

Tout cela est la musique, puisse t-elle ne jamais d’émettre un signal beau et fort

LADY IN RED

La page blanche se lève en ce matin frêle et pâle

Mais que diable, la nuit m’a apporté un beau châle

Une belle étoffe faite de rêves et tissée au crayon

Elle sied à merveille à la dame en rouge, oh, regardez, un papillon !

La machine à rêve n’était qu’un panier préparé  par elle pour un pique-nique cosmique

Quelle délicieuse attention, à nous l’espace, la grande ourse, alpha du centaure, un dîner, des chandelles aux étoiles, je reprendrais bien du vin, c’est si onirique

Je songeais aux visions de la veille et j’en refermais la trilogie, des rêves, des sourires, des promesses, des vœux au chapitre

Allongé, je contemplais, je vibrais. Sur la couverture s’étalaient mille victuailles renversées par le chat dans un ballet acrobatique

Le fond de la corbeille s’était révélé : un moulin à vent, des œufs en chocolat, de délicieuses tartes et une pink lady façon pomme d’amour.

19 Juin 2011, messidor

« Quel mot, quel hasard, quelle surprise, ma volonté a choisi la vie, pourtant elle me fait peur à moi et à beaucoup d’autres aussi ». « La leçon de piano »

Ce soir là, j’étais loin de deviner ce qui m’attendait : un chemin de traverse allait s’ouvrir devant moi avec sans autre alternative que de devoir l’emprunter. Un simple concert  et deux rencontres allaient enclencher un compte à rebours, celui d’une bombe qui allait m’exploser au visage douze heures plus tard.

Oui, je me souviens avoir levé les yeux au ciel lors de cette occasion et formulé un vœu: celui d’avoir deux vies. Je ressens d’ailleurs encore la chaleur des projecteurs baigner ma tête comme la beauté musicale me transpercer le cœur.

il y aussi ce meilleur ami qui vint me voir au coeur de cette soirée là pour veiller sur moi ; je m’étais éclipsé en fond de salle pour respirer, pris de nausées par une force invisible qui me prenait à la gorge, qui me liquéfiait, j’avais inconsciemment commencé à perdre pied.

Jean d’Ormesson écrivit cette phrase magnifique: « Il y a des jours, des mois, des années interminables où il ne se passe presque rien. Il y a des minutes et des secondes qui contiennent tout un monde ».

Et si ce monde, ces fragments de temps n’étaient autres que la vie, la mort et la naissance ? C’est en vérité tout cela , car ce soir là, j’allais mourir, renaitre, partir à la découverte d’un nouveau monde et vivre l’incroyable , l’impossible.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Quel mot, quel hasard, quelle surprise, ma volonté a choisi la vie, pourtant elle me fait peur à moi et à beaucoup d’autres aussi» –

 

« La leçon de piano »

 

REVEUR

 

Je suis un rêveur et ce n’est pas mon métier, juste mon passe-temps !

Tu devrais t’y essayer toi le passant, allez, pose-toi une minute sur ton banc

C’est facile, tu verras, je vais t’expliquer, donne-moi la main et suis mes yeux

Bien joué l’ami, tu commences à peine et te voilà déjà enfant, un vrai petit dieu

Regarde le ciel, le soleil et ces nuages qui changent de forme à chaque instant

Laisse-toi saisir par la beauté de cette femme, sa douceur, son regard étincelant

Ecoute ce musicien que personne n’entend, vibre avec lui, mets-toi au diapason

Respire l’odeur de ces fleurs aux mille couleurs qui volent au vent à la belle saison

Amuse-toi et ris avec ces enfants qui jouent et chantent en dansant

Tends ta main à cette dame, à cet homme ; ils en ont qui sait besoin, juste un instant

Dis donc, tu es doué le passant, te voilà déjà rêveur, c’était en toi, un vrai petit bonheur

Comment te remercier ? j’ai changé d’avis grâce à toi, j’en ferai mon métier : chasseur d’impossible !

Oui, je traquerai sans relâche la noirceur, le sombre et la tristesse, le laid, le mercantile

Cela n’a pas de prix, j’irai libérer les sourires et les beautés prisonnières, ici et là

Ne dites jamais un rêveur qu’il est rêveur, il se sentirait sans voie, c’est sa raison d’être, toute sa foi !

La tisseuse de bonne aventure

Ta vie ne tient qu’à un fil, tu le sais et qu’importe le destin, les visions de cette tisseuse de bonne aventure, tu dois vivre et accomplir ta mission.

Sois fière de ton passé, de ce que tu es, tu étais tantôt neigeuse sur le Ben Nevis, tantôt immaculée au petit matin sur les plages de Normandie : quelle beauté, quelle poésie !

Te souviens-tu aussi de ton périple au Cachemire ou encore du pays si doux, Ceylan ?

Tu es un carnet de voyages à toi seule, une projection privée, j’imagine le cliquetis du projecteur, la bobine et le film qui défile sur l’écran de tes yeux bleus.

Te voilà maintenant manteau, ton port est droit et élégant, tu protèges et enveloppes, tu n’as ni chaud ni froid et on ne te quitte pas.

J’aimerais te dire une chose : l’amour protège du froid mieux que toi encore.

Oui, toi aussi tu as le droit à ta manteline, à ta cape, à être  couvée par tous temps, lovée et épaulée. Cela te va d’ailleurs si bien !