Salon Art-Up à Lille : rencontre avec une belle personne 1 sur …

Cela n’était pas prévu mais dans l’air du temps, mon idée originale pour MétanoiArt était de pouvoir interroger de belles personnes selon moi, leur donner la parole. Ainsi, je déambulais hier dans ce salon en quête de contacts pour le projet www.themusicallivepaintingexperience.com quand je suis tombé nez à nez avec des oeuvres qui sont rentrées en collision avec mon imaginaire, ma sensibilité, celles d’un dénommé Tof Vanmarque. L’idée de l’interviewer pour le blog a fusé comme la fort aimable responsable de la galerie qui au vu de mon enthousiasme a cru bon de nous mettre en relation aujourd’hui  pour une interview.

Première du genre moi qui ai écrit uniquement dans le domaine musical par le passé. J’ai donc expérimenté un premier contact avec le monde des galeries, de l’art, des artistes peintres, l’univers de la côte, des marchands….

C’est en réalité l’homme qui m’intéresse, ce qu’il veut dire, ce qu’il a à dire, ce qu’il projète… Au fond, rien de différent par rapport à la musique, tout est question de technique, de nuances….

A suivre !

Trevor Rabin, Jacaranda, 2012

Le jacaranda est une variété d’arbres de la famille des bignoniacea et originaire du Paraguay, d’Uruguay, du sud du Brésil et d’Argentine. L’espèce la plus commune est le flamboyant bleu (Jacaranda mimosifolia). De même, Pretoria, la capitale administrative de l’Afrique du Sud, est connue comme la ville du jacaranda (Jacaranda City) en raison de la quantité importante de cette espèce végétale plantée dans ses rues, parcs et jardins.

Cette petite introduction est idéale pour décrire un album aussi flamboyant et chroniquer cette œuvre du sud-africain Trevor Rabin. On imaginera des souvenirs de jeunesse de la part du musicien bourrés de poésie et de nostalgie.

Pour ceux qui ne le connaissent pas, cet artiste est à l’origine du plus gros tube et de la fortune de Yes en composant notamment la musique de « Owner of a lonely heart » sur l’album « 90125 ». Il quittera le groupe au milieu des années 90 après « Talk » sur fond de batailles rangées d’égo. C’est aussi un immense compositeur pour le septième art avec à son actif des œuvres comme « Armaggedon ». Musicien de studio accompli, il a aussi travaillé avec Tina Turner, Michael Jackson ou encore Bob Dylan. Ce curriculum vitae ne laisse planer aucun doute sur les talents de l’intéressé.

Avec Jacaranda, Trevor Rabin nous livre une œuvre éclectique, brillante et touchante après une longue période de silence.

Cet album regroupe une multitude d’influences : jazz, fusion, rock, blue-grass, folk et classique. La vraie magie est de réunir le tout avec autant de cohérence et de brio. Fermez les yeux et imaginez sur scène Jean- Sébastien Bach, Les Dixies Dregs, Yes, Django Reinhardt, Jeff Beck. L’osmose est parfaite et totalement irréelle.

Trevor Rabin a tout composé et il y joue tout à l’exclusion des parties de batterie confiées à Vinnie Colaiuta, Lou Molino III et son fils Ryan Rabin. La délicieuse et jeune Tal Wilkenfeld joue en invitée sur « amerley road » et y montre l’étendue de son talent. L’utilisation du dobro (type de guitare à résonateur) ajoute encore un supplément d’âme. C’est d’ailleurs le premier titre « spider boogie » qui en témoigne, un titre bourré d’énergie et de folie.

Les choses sérieuses commencent avec « market street ». Fait de nuances et de variations, il ravira les fans de Yes et de Genesis avec ses sonorités constituées de nappes de piano, d’orgue et de « slide » guitares virevoltantes qui évoquent l’album « talk ».

« Anerley road » arrive ensuite pour nous livrer une des plus belles fleurs de l’album, un bouquet éblouissant de sons riches et savoureux. La belle Tal y apporte sa touche et son talent, basse en main.

Le reste de l’album est aussi qualitatif et je pourrais passer des heures à disserter sur le sujet. « Killarney 1 and 2» est une magnifique œuvre classique où les notes de piano coulent avec majesté tel un fleuve tranquille.

« Through the tunnel » est appréciable quant à lui de part la variété d’influences. T réussit l’exploit d’y donner une cohérence totale. Le seul titre non purement instrumental est « rescue » avec au chant Liz Constantine. On l’écoutera comme une musique de film.

« Me and my boy » ou encore « gazania » achèveront de nous charmer.

Cet album est en réalité une œuvre touchante, aboutie et riche.

Pour finir, je souhaiterais évoquer deux choses.

Premièrement, je pense à YES. Le génie n’aurait-il pas consisté à conserver en son sein un artiste d’une telle envergure  à l’époque? Je l’ai toujours pensé même si on ne refait pas l’histoire et les hommes.

Enfin, je vous proposerais bien un petit voyage…

Nous sommes à Prétoria en Afrique du Sud. Ouvrez les yeux et surprise : nous sommes là assis sur un banc au beau milieu de fontaines et de jacarandas flamboyants. Vous ne rêvez pas, tout est là : cette belle nature d’une beauté sauvage et resplendissante. Le vent se lève et les fleurs se mettent à tourbillonner dans le ciel, que c’est beau ! Vous pouvez maintenant mettre les écouteurs sur vos oreilles, Monsieur RABIN s’est chargé de la bande son. Je vous laisse, bonne écoute !

Un grand disque, assurément.

 

Tracklisting : 



  • 01 Spider Boogie
  • 02 Market Street
  • 03 Anerley Road
  • 04 Through The Tunnel
  • 05 The Branch Office
  • 06 Rescue
  • 07 Killarney 1 & 2
  • 08 Storks Bill Geranium Waltz
  • 09 Me And My Boy
  • 10 Freethought
  • 11 Zoo Lake
  • 12 Gazania

LINE-UP

  • Trevor Rabin – Guitars, Piano, Bass, Keyboards
  • Liz Constintine – Vocals
  • Tal Wilkenfeld – Bass
  • Lou Molino III – Drums
  • Vinnie Colaiuta – Drums
  • Ryan Rabin – Drums

Métanoiart : une brève explication du titre du blog

Metanoïa, terme issu du grec μετάνοια, signifie un changement radical de pensée, d’état d’esprit, d’attitude, comme une transmutation profonde de conscience. Cela n’a donc rien à voir avec un changement de point de vue superficiel. Il s’agit d’un acte volontaire, puissant,  libérateur et transformateur dans son ambition et la « prise de conscience » initiale est alors susceptible de se transformer alors en « lâcher prise ».

A l’origine, cela vient souvent d’une prise de conscience soudaine que quelque-chose ne va pas et qu’il faut changer radicalement. Le plus extraordinaire est que le tout peut prendre racine dans des circonstances anodines : une rencontre, une révélation, une séparation, l’expérience d’un deuil, un chagrin et qui pourtant aussi futiles soient-elles à priori, vont ouvrir des brèches immenses.

La seule solution est d’opérer le changement pour se libérer, comme les bouddhistes atteignent le nirvana, l’illumination, pour se détacher éternellement de la souffrance causée par la haine, la jalousie, l’ignorance ou encore la colère.

Notre cerveau est taillé en plus pour cela : il est apte au changement. Nous pouvons tous changer à condition de le vouloir sans pour autant opérer une métanoïa souvent fruit des hasards de la vie. L’idée est aussi de prendre conscience de certaines choses et de faire de son mieux pour se projeter vers l’avant, la pensée positive.

Et ce titre alors ? Pourquoi avoir ajouté « art » à la fin pour constituer ce terme curieux de métanoiart ?

Cela vient d’un constat personnel. Comment l’art et le processus créatif peuvent donner de la force, de l’énergie et de la foi en vous reconnectant au « beau » , au « divin », à l’enfant intérieur que vous étiez et qui s’était effacé au fil du temps, à vos rêves les plus précieux, à l’amour inconditionnel, au fond, la plus belle partie chez vous ?

C’est cela, l’idée du blog ou du titre  : l’art et  la métanoia.

Quelques citations éclairantes :

Romain Rolland : « si la musique nous est si chère, c’est qu’elle est la parole la plus profonde de l’âme, le cri harmonieux de sa joie et de sa douleur ».

Carrie Fisher : « Prends ton coeur brisé et transforme-le en art ».

Et oui, la musique donne une âme au monde et des ailes à l’imagination !