L’ imposteur ou le donneur de leçon….

Le donneur de leçon est un maître tailleur, il vous habille pour l’hiver et pour toutes saisons. Le bougre est généreux, il pratique le sans frais.

L’infortune est souvent son uniforme, il aime se parer de riches vêtements qui ne sont toujours pas siens, le mignon a son petit genre: le dadais.

Il est chef de guerre, chef à volonté ! Des missiles aux missives, il manie la plume d’artillerie et frappe à distance. L’art du camouflage se cache dans des merveilles d’actions anonymes, tout est parfaitement exécuté, au pied de la lettre.

J’ai un jour vu le spectacle : des pigeons voyageurs larguaient des bombes, des lettres crachaient le feu, il n’y avait pourtant pas de morts. Une odeur affreuse se dégageait à chaque fois des scènes de combat, on pouvait renifler la honte. Les soldats pleuraient, riaient : le général tremblotant se cachait sous sa tente et affichait son néant, tout son être.

Quelque soit son métier ou accoutrement, il ne trompe pas l’oeil expert : sa malveillance, sa jalousie et ses rancunes se dissimulent derrière la rondeur souriante et mielleuse.

Ami imposteur, je te salue et te fais grâce de cette citation du Dalaï Lama : « L’ennemi est un très bon professeur ».

« Jeremy », Pearl Jam, un titre, une histoire…

« Jeremy » est la sixième chanson du premier album de Pearl Jam, Ten. Sorti en 1992 en tant que troisième single de Ten, il est considéré dans le monde entier comme l’une des chansons les plus importantes du groupe. Ces paroles ont été écrites par Eddie Vedder et la musique par Jeff Ament.

Les  paroles sont simples, magnifiques et le sens pesant et violent.

Ce titre est  tiré de deux histoires vraies.  

« Jeremy » est premièrement basé sur un événement réel impliquant Jeremy Wade Delle, un garçon de 15 ans qui s’est suicidé devant le professeur et ses camarades de classe le 8 janvier 1991. Le garçon, qui était considéré comme un étudiant silencieux mais non violent, s’est tiré une balle dans la bouche avec un magnum de calibre 357 Smith & Wesson en plein cours d’anglais. 

Cet incident a été rapporté dans un journal  et le chanteur du groupe ayant lu l’article,  a immédiatement écrit les paroles tel un hommage à l’adolescent et symbole d’une jeunesse perdue parfois.

Ce qui a motivé cette écriture est probablement la convergence avec un cas similaire qui est arrivé dans l’école de Vedder lorsque celui ci était jeune. Eddie raconta beaucoup plus tard qu’une personne de son école s’était suicidée un peu de façon similaire. Elle s’était d’ailleurs battue avec lui quelques temps auparavant. On peut donc y voir dans son écriture un mélange des deux histoires. Chacun pourra y trouver sa propre interprétation. Cela étant, l’œuvre aborde un sujet délicat avec un esthétisme lyrique et musical marqué.

Tout est orné de symboles et de clins d’œil. Si vous regardez attentivement la vidéo musicale, vous remarquerez un changement rapide lors de la prise de parole d’enfants qui tiennent la main sur le cœur pour prêter allégeance, à ce qui semble être des enfants qui donnent un salut nazi moins d’une seconde avant revenir à la photo d’origine. Vraisemblablement, ceci est un commentaire sur le système scolaire américain, et non une sorte de message subliminal en faveur du nazisme

Le message à l’époque est qu’avec toute la violence et la criminalité rongeant la société américaine, il est renversant de constater que les gens ne changent pas leur façon de traiter les autres. Les attentats à la bombe, les fusillades dans les écoles, les suicides et les émeutes constituent une part importante de la société que les gens n’aiment pas mais ne font rien pour arrêter commente Eddie Vedder. Jusqu’à présent, les gens n’avaient pas eu toute l’histoire car personne ne leur avait donné toute l’histoire. Avec les actions de Jeremy le 8 janvier 1991, Pearl Jam a décidé de faire ce que peu d’artistes avaient fait auparavant, de prendre une tragédie et d’en faire un exemple positif. La dernière partie de la chanson s’estompe et Eddie Vedder a répété à plusieurs reprises: «Essayez d’oublier ceci, essayez de l’effacer du tableau», faisant référence à l’idée que lorsque des événements comme celui-ci se produisent, les gens s’en remettent et que le monde évolue mais qu’il continue faire partie de la société et de la vie des gens. L’impression éternelle de Jeremy Delle et de la chanson sur le monde a conduit à de nombreux mouvements positifs visant à trouver de l’aide et à lutter contre le suicide. Même si les gens étaient au courant de ces problèmes, «Jeremy» a fait ressortir le sujet au premier plan et a clairement montré que quelque chose devait être fait, les gens devaient changer leur façon de traiter les autres ». Il poursuit : « pour moi, il est difficile de comprendre pourquoi nous traitons les gens mal et pourquoi nous ne pouvons pas nous entendre. Oui, nous avons tous des différences qui font de nous ce que nous sommes, mais soyez la bougie dans un monde sombre, restez assis avec le paria, aidez la personne qui est intimidée, traitez les autres avec respect, car si nous faisions tous cela, alors peut-être le monde ira bien mieux ».

Les fans de l’époque portaient parfois ce t-shirt et ce titre éloquent : « 9 of ten children prefer crayons to guns ». Tout est dit !

 

Pearl Jam et notamment le chanteur montrent ici toute l’étendue de leur talent à travers une oeuvre belle et puissante.

Harmonie

L’harmonie naît entre ceux qui ont les mêmes notes à l’intérieur

L’amour, quant à lui, se joue avec la partition, la juxtaposition des clés, du mode majeur et mineur

Le do: le dominion au centre du jeu, le créateur, le cœur de l’univers et du clavier

Et si ?  Ta beauté me sidère comme les étoiles du ciel dans le cosmos ici et là déposées

La, je ne serai jamais las de toi, « voie lactée ô sœur lumineuse. Des blancs ruisseaux de Chanaan. Et des corps blancs des amoureuses », voilà le chant d’Apollinaire, quelle voix !

Le sol ? Un système dominé par le soleil et la lumière, tel le tournesol je me tourne vers toi, l’héliotropisme et l’amour n’ont toujours formé qu’un, toi et moi

Fatâ, c’est le mouvement des planètes qui créée la vie et forge le destin, la divine fatalité

Mi, nous voilà dans l’intimité du microcosme, la planète à l’échelle de la galaxie, le lit, la couche que nous partageons, un sentiment de paix, d’unité

Ré, quelle belle nuit encore, la lune régente des secrets nous éclaire encore une fois, regarde par la fenêtre, tout est si beau !  Je le répèterai toujours et encore

Tout cela est la musique, puisse t-elle ne jamais d’émettre un signal beau et fort

LADY IN RED

La page blanche se lève en ce matin frêle et pâle

Mais que diable, la nuit m’a apporté un beau châle

Une belle étoffe faite de rêves et tissée au crayon

Elle sied à merveille à la dame en rouge, oh, regardez, un papillon !

La machine à rêve n’était qu’un panier préparé  par elle pour un pique-nique cosmique

Quelle délicieuse attention, à nous l’espace, la grande ourse, alpha du centaure, un dîner, des chandelles aux étoiles, je reprendrais bien du vin, c’est si onirique

Je songeais aux visions de la veille et j’en refermais la trilogie, des rêves, des sourires, des promesses, des vœux au chapitre

Allongé, je contemplais, je vibrais. Sur la couverture s’étalaient mille victuailles renversées par le chat dans un ballet acrobatique

Le fond de la corbeille s’était révélé : un moulin à vent, des œufs en chocolat, de délicieuses tartes et une pink lady façon pomme d’amour.

19 Juin 2011, messidor

« Quel mot, quel hasard, quelle surprise, ma volonté a choisi la vie, pourtant elle me fait peur à moi et à beaucoup d’autres aussi ». « La leçon de piano »

Ce soir là, j’étais loin de deviner ce qui m’attendait : un chemin de traverse allait s’ouvrir devant moi avec sans autre alternative que de devoir l’emprunter. Un simple concert  et deux rencontres allaient enclencher un compte à rebours, celui d’une bombe qui allait m’exploser au visage douze heures plus tard.

Oui, je me souviens avoir levé les yeux au ciel lors de cette occasion et formulé un vœu: celui d’avoir deux vies. Je ressens d’ailleurs encore la chaleur des projecteurs baigner ma tête comme la beauté musicale me transpercer le cœur.

il y aussi ce meilleur ami qui vint me voir au coeur de cette soirée là pour veiller sur moi ; je m’étais éclipsé en fond de salle pour respirer, pris de nausées par une force invisible qui me prenait à la gorge, qui me liquéfiait, j’avais inconsciemment commencé à perdre pied.

Jean d’Ormesson écrivit cette phrase magnifique: « Il y a des jours, des mois, des années interminables où il ne se passe presque rien. Il y a des minutes et des secondes qui contiennent tout un monde ».

Et si ce monde, ces fragments de temps n’étaient autres que la vie, la mort et la naissance ? C’est en vérité tout cela , car ce soir là, j’allais mourir, renaitre, partir à la découverte d’un nouveau monde et vivre l’incroyable , l’impossible.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Quel mot, quel hasard, quelle surprise, ma volonté a choisi la vie, pourtant elle me fait peur à moi et à beaucoup d’autres aussi» –

 

« La leçon de piano »